Dans quel pays créer une holding ?
cOMPARATIF 2026
Choisir le bon pays pour structurer une holding est une décision structurante pour la fiscalité de votre groupe. Taux d’imposition, conventions fiscales, solidité juridique, exigences de substance : voici les destinations les plus pertinentes en 2026, et les critères pour faire le bon choix.

Pourquoi le choix du pays compte autant
Une holding n’est pas qu’une boîte juridique. C’est une structure qui va recevoir des dividendes, détenir des participations, parfois céder des titres. Selon le pays d’implantation, ces flux peuvent être totalement exonérés d’impôt, taxés à 5 %, ou au contraire soumis au taux plein des sociétés.
Ce qui détermine vraiment la pertinence d’un pays, ce n’est pas uniquement le taux affiché, mais la combinaison de quatre facteurs :
- La fiscalité sur les dividendes reçus des filiales
- L’imposition sur les plus-values de cession de titres
- L’existence d’une convention de non-double imposition avec votre pays de résidence
- Les exigences de substance économique réelle (locaux, employés, activité)
Les destinations les plus utilisées en Europe
Pays-Bas
IS : 19 % jusqu’à 200 k€ / 25,8 % au-delà
Les Pays-Bas disposent d’un régime de participation exemption très complet : les dividendes et plus-values de cession de titres sont exonérés d’IS dès lors que la holding détient au moins 5 % du capital de sa filiale. Le pays bénéficie d’un réseau de conventions fiscales parmi les plus étendus au monde, ce qui en fait une destination de choix pour les groupes à implantation internationale. La substance économique est cependant très surveillée depuis les réformes anti-abus de l’UE.
Point fort :
Réseau conventionnel exceptionnel. Dividendes et plus-values exonérés. Écosystème juridique très mature.
Limite à connaître :
Substance économique strictement surveillée depuis les réformes anti-abus européennes. Coûts de gestion élevés.


Luxembourg
IS effectif : ~24,9 % / exonérations larges sur participations
Le Luxembourg est historiquement la place forte de la structuration patrimoniale et des fonds d’investissement en Europe. Les sociétés holding (SOPARFI) bénéficient d’une exonération sur les dividendes et plus-values sous conditions de participation. Malgré un taux d’IS nominal élevé, l’optimisation par les exonérations rend la charge effective bien inférieure. Le pays reste sous surveillance accrue de la Commission européenne pour certains régimes d’aides fiscales, mais conserve une solidité juridique reconnue.
Points forts :
SOPARFI éprouvée. Idéal pour structuration patrimoniale complexe. Stabilité institutionnelle forte.
Limite à connaître :
Coûts d’installation et de gestion parmi les plus élevés d’Europe. Moins compétitif pour les PME.
Chypre
IS : 12,5 %
Chypre offre un environnement favorable avec un taux d’IS parmi les plus bas de l’UE et une exonération totale sur les dividendes reçus et les plus-values de cession de titres dans la plupart des cas. Le pays a conclu de nombreuses conventions de non-double imposition, notamment avec des pays d’Europe de l’Est et du Moyen-Orient. Les coûts d’exploitation y sont plus bas qu’aux Pays-Bas ou au Luxembourg, ce qui en fait une option sérieuse pour les PME cherchant une structure holding abordable au sein de l’UE.
Points forts :
Taux d’IS parmi les plus bas de l’UE. Dividendes et plus-values exonérés. Coûts d’exploitation accessibles.
Limite à connaître :
Image parfois perçue comme sensible par les banques françaises. Conventions fiscales moins étendues que les Pays-Bas.

Estonie
IS : 0 % sur bénéfices non distribués / 20 % à la distribution
Le modèle estonien est unique en Europe : l’impôt sur les sociétés n’est dû qu’au moment de la distribution des bénéfices, pas à leur réalisation. Tant que les profits restent dans la société, ils ne sont pas taxés. C’est un avantage considérable pour les structures en phase de croissance ou de réinvestissement. L’Estonie est membre de l’UE et applique toutes les directives fiscales européennes. En revanche, dès que les dividendes sont distribués, le taux de 20 % s’applique à prendre en compte dans le calcul global.
Points forts :
Idéal pour les structures qui réinvestissent leurs bénéfices. Zéro impôt tant que rien n’est distribué.
Limite à connaître :
Moins pertinent si l’objectif est de percevoir des revenus réguliers.
Bulgarie
IS : 10 % / dividendes : 5 %
Avec le taux d’IS le plus bas de l’Union européenne et des charges sociales très inférieures à la moyenne européenne, la Bulgarie attire les entrepreneurs qui souhaitent rester dans le cadre de l’UE tout en réduisant significativement leur charge fiscale. Le pays a considérablement modernisé son système fiscal ces dernières années. Son principal inconvénient reste la perception de son environnement juridique et bancaire, jugé moins robuste que celui d’Europe de l’Ouest.
Points forts :
IS le plus bas de l’UE. Charges sociales faibles. Coûts opérationnels très compétitifs.
Limite à connaître :
Environnement juridique et bancaire perçu comme moins robuste. Image à soigner auprès des partenaires.
Les destinations hors UE à connaître
Vous pouvez aussi créer une société holding en dehors de l’Union européenne.
⚠️ Attention aux juridictions à réputation fragile — Seychelles, Belize, îles Vierges : des structures techniquement légales, mais qui exposent à un risque réputationnel fort et à une surveillance bancaire accrue. À éviter si vous avez une activité réelle en France : l’administration fiscale française est de plus en plus agressive sur ces montages.
Singapour
IS : 17 % / exonérations partielles sur revenus étrangers
Singapour est l’une des juridictions les plus réputées au monde pour la stabilité de son cadre réglementaire. Son taux d’IS est compensé par des exemptions sur les dividendes et plus-values de filiales étrangères sous certaines conditions.
Idéal pour : les groupes avec une présence effective en Asie-Pacifique qui ont besoin d’une juridiction reconnue internationalement.
Limite principale : pour un entrepreneur français sans activité asiatique, les coûts de gestion et la distance géographique dépassent souvent les bénéfices fiscaux réels.
Suisse
IS : 11,9 à 21 % selon le canton
La Suisse offre une sécurité juridique et une stabilité institutionnelle inégalées en Europe. Les cantons les plus favorables (Zoug, Nidwald) affichent des taux effectifs proches de 12 %, avec des exonérations sur dividendes et plus-values dans le cadre du régime de participation.
Idéal pour : les groupes qui ont besoin d’une image premium, d’une sécurité juridique maximale et d’un réseau de conventions très étendu.
Limite principale : les coûts d’installation et de gestion sont parmi les plus élevés. La substance économique exigée est stricte : difficile sans présence locale réelle et documentée.

Et Andorre dans tout ça ?
Andorre occupe une position singulière dans ce comparatif. Ce n’est pas une juridiction offshore exotique, ni une grande place financière européenne. C’est une principauté européenne stable, conforme aux standards de l’OCDE, avec une fiscalité structurellement basse et surtout une convention de non-double imposition avec la France en vigueur depuis 2015.
- Impôt sur les sociétés à 10 % (plafonné)
- Dividendes reçus des filiales : Non imposés
- Plus-values de cession de titres : Non imposées
- Convention France–Andorre : Oui, en vigueur
- Impôt sur la fortune : Absent
Les trois questions à se poser avant de choisir ou implanter sa holding
Où est votre résidence fiscale ?
L’existence d’une convention entre votre pays de résidence et le pays de la holding est non négociable pour éviter la double imposition.
Il existe depuis 2015, une convention de non double imposition entre la France et l’Andorre
Quelle est la nature des revenus de la holding ?
Pouvez-vous justifier d'une substance économique réelle ?
Gérant effectif sur place, locaux, activité de gestion avérée : sans cela, la structure peut être requalifiée par votre pays d’origine, quelle que soit la destination choisie.
Vous envisagez de structurer une holding en Andorre ?
Notre équipe franco-andorrane analyse votre situation et vous propose une synthèse personnalisée, conforme aux réglementations françaises et andorranes.
