Devenir résident en Andorre :
types de permis, justificatifs, délais et coût (guide 2026)

S’installer dans la Principauté suppose de choisir d’abord la bonne résidence : active, passive ou projection internationale. Un socle de justificatifs vaut pour tous les profils, complété par des pièces propres à chaque régime. Ce guide 2026 détaille les justificatifs à réunir, les conditions d’éligibilité, les étapes et les délais, sans oublier deux points souvent sous-estimés : la différence entre titre de séjour et domiciliation fiscale, et les causes qui font échouer un dossier.

Les trois statuts de résidence

Résidence active

S’adresse aux entrepreneurs, salariés et indépendants qui exercent une activité économique sur place.

  • Cadre
    Structure locale ou contrat de travail
  • Présence
    183 jours minimum par an
  • Versement
    50 000 € auprès de l’AFA (Autorité Financière d’Andorre)

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Résidence passive

Vise les investisseurs et retraités sans activité lucrative dans le pays.

  • Présence
    90 jours minimum par an
  • Investissement
    1 million € en actifs andorrans

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Projection internationale

Concerne les profils dont le métier rayonne hors d’Andorre.

Découvrir la projection internationale

Quels justificatifs pour un permis de résidence ?

Le dossier se dépose auprès du Service de l’immigration du gouvernement (Servei d’Immigració), à Andorre-la-Vieille. Les pièces ci-dessous sont celles exigées par ce service, telles que publiées sur son portail officiel immigracio.ad, où les formulaires correspondants sont téléchargeables.

Document / conditionActivePassive
Demande d’autorisation d’immigration (formulaire officiel)OuiOui
Passeport en vigueur (original + copie) ou carte d’identité pour un ressortissant UE/EEEOuiOui
Extrait de casier judiciaire de chaque pays où vous avez vécuOuiOui
Photographie couleur 35 × 45 mm (récente)OuiOui
Justificatif de logement en Andorre (ou certificat de domicile le cas échéant)OuiOui
Document justifiant l’état civilOuiOui
Formulaire d’authentification de la signatureOuiOui
Visite médicaleOuiOui
Inscription au Comú de la paroisse (dans les délais impartis)OuiOui
Documents de constitution de la société : escriptura (acte notarié), RBE (registre des bénéficiaires effectifs), NRT (numéro fiscal), RS (registre des sociétés)Oui—
Justificatif du versement des 50 000 € auprès de l’Autorité Financière d’AndorreOuiOui
Investissement réalisé ou en cours d’acquisition—Oui — 1 000 000 € (valeur 2026)

L’article 38 ter de la loi qualifiée d’immigration, dans sa version modifiée par la loi 2/2026, encadre précisément la création d’entreprise. Le demandeur dispose de six mois pour réunir les conditions requises. Une fois ces conditions remplies, il doit prouver, dans un délai de trois mois à compter de l’enregistrement de la demande, que l’entité est titulaire d’un commerce enregistré et réellement en activité. C’est l’exigence de substance inscrite dans la législation : l’Andorre n’accorde pas la résidence à une société qui n’exerce pas d’activité effective, et lors du renouvellement, cette activité se démontre par les revenus générés.

La résidence passive, elle, n’exige aucune activité mais repose sur un investissement en actifs andorrans. Le régime est fixé par la loi 2/2026 du 22 janvier relative à la continuité et à la consolidation des mesures pour la croissance durable, dont l’article 96 en détaille les modalités.

Le titulaire doit investir au moins un million d’euros dans un ou plusieurs supports andorrans : immobilier, participations dans des sociétés résidentes, instruments de dette ou financiers émis par des entités locales (fonds d’investissement collectif de droit andorran compris, pour 36 mois maximum), dette publique andorrane, assurance-vie souscrite localement. Ce seuil est ramené à 400 000 € en cas d’investissement dans le Fons d’Habitatge (fonds logement) ; en cas d’achat immobilier, plus de 800 000 € doivent être affectés à chaque bien acquis.

L’investissement doit être réalisé dans les six mois suivant l’autorisation (prorogeable six mois en cas de force majeure), faute de quoi la résidence est annulée.

Pour les deux statuts s’ajoute le versement distinct de 50 000 € auprès de l’AFA, non remboursable.

Les documents officiels étrangers doivent être présentés soit authentifiés par l’apostille de La Haye, soit dûment légalisés : les deux voies sont admises par l’administration andorrane. Et une bonne nouvelle : le portail du gouvernement andorran prévoit, pour les certificats délivrés en France (comme en Espagne et au Portugal), une dispense de traduction assermentée en catalan. Un ressortissant français fournit donc son casier et ses actes d’état civil sans les faire traduire, ce qui simplifie et accélère la constitution du dossier.

Les conditions générales d’éligibilité

Au-delà des pièces à fournir, la législation (Llei 9/2012) pose des conditions de fond :

  • la majorité : le demandeur doit avoir au moins 18 ans, sauf exceptions comme le regroupement familial ou les études (article 46) ;
  • la sécurité et l’ordre public : ne pas représenter un risque pour la sécurité ou l’ordre public, et ne pas avoir d’antécédents pénaux pour des infractions intentionnelles constituant une menace (article 43) ;
  • l’aptitude médicale : être déclaré apte à résider et/ou travailler par le Service Médical d’Immigration, notamment ne pas présenter de risque grave pour la santé publique ni de charge excessive pour le système sanitaire andorran (article 44) ;
  • le logement : disposer d’un hébergement remplissant les conditions minimales d’habitabilité, lorsque le demandeur doit justifier d’un domicile en Andorre (article 45).

Ces conditions figurent aux articles 43 à 46 de la Llei 9/2012. Elles visent à écarter les risques pour l’ordre public et à préserver le système sanitaire, sans exiger, à ce stade, autre chose qu’une habitation conforme et une aptitude médicale.

La projection internationale

La projection internationale est destiné aux profils dont l’activité s’exerce principalement hors d’Andorre et qui bénéficient d’une reconnaissance internationale : sportifs, artistes, créateurs de contenu, scientifiques ou acteurs du monde culturel. Le titulaire joue un rôle d’ambassadeur de la Principauté à l’international.

Le régime repose sur une logique proche de la passive : il n’ouvre ni droit de travailler sur place, ni accès à la sécurité sociale andorrane (CASS), ce qui impose une couverture santé privée. La présence minimale est de 90 jours par an, et une caution de 50 000 € est déposée auprès de l’AFA.

Les conditions communes s’appliquent également : majorité, casier judiciaire vierge, visite médicale, logement dans une paroisse. La spécificité du régime tient aux preuves de notoriété et de rayonnement international que le demandeur doit apporter pour démontrer qu’il correspond bien au profil visé.

Chaque demande est analysé au cas par cas : la qualification du profil et la constitution des preuves sont déterminantes pour l’acceptation du dossier.


Résidence andorrane et résidence fiscale : deux notions distinctes

Obtenir un permis de résidence andorran n’équivaut pas, à lui seul, à devenir résident fiscal en Andorre. Ce sont deux notions qu’il faut soigneusement séparer.

Le permis de résidence relève des autorités migratoires andorranes : il dépend du respect des seuils de présence (183 ou 90 jours) et des conditions du statut. La résidence fiscale, elle, détermine dans quel pays vos ressources sont imposées. Or l’Hexagone applique ses propres critères : foyer, lieu de séjour principal, centre des intérêts économiques. Une personne peut donc détenir un permis andorran tout en restant considérée comme résidente fiscale française : c’est le conflit de résidence fiscale, le point le plus important à anticiper avant tout départ.

La convention fiscale France-Andorre, en vigueur depuis 2015, départage ces situations et évite la double imposition des revenus (salaires, revenus immobiliers, dividendes, pensions).

Autre point à chiffrer avant le départ : l’exit tax (article 167 bis du CGI). Elle peut concerner le contribuable domicilié fiscalement en France au moins 6 des 10 dernières années et détenant des titres d’au moins 800 000 €, ou 50 % des bénéfices d’une société. Le sursis de paiement n’est pas automatique du seul fait d’un transfert vers la Principauté : son montant et ses modalités doivent être sécurisés en amont.

Les étapes de la demande, du dépôt à la carte

Depuis la loi Omnibus (2026), la procédure commence par une réserve d’immigration : le dossier n’est déposé dans son intégralité qu’une fois cette réserve approuvée. Les justificatifs à réunir diffèrent selon la voie visée (voir le tableau plus haut).

  1. 01

    Choisir le statut adapté à votre profil

    Ce choix détermine les pièces et conditions applicables.

  2. 02

    Passer la réserve d'immigration

    Le dossier complet ne pourra être déposé qu'une fois cette réserve approuvée.

  3. 03

    Disposer d'une habitation en Andorre

    Achat ou location : le justificatif de logement est une pièce obligatoire du dossier et l'une des conditions de fond posées par la législation. Il doit donc être mis en place avant la demande.

  4. 04

    Réunir l'ensemble des pièces du dossier

    Elles diffèrent selon le statut. Certaines pièces officielles doivent être apostillées (apostille de La Haye) ou légalisées, et datées de moins de trois mois — notamment la carte nationale d'identité, le casier judiciaire et, le cas échéant, l'acte de mariage.

  5. 05

    Constituer l'implantation requise

    La création de société (résidence active) ou l'investissement en actifs andorrans (résidence passive).

  6. 06

    Déposer les 50 000 € auprès de l'AFA

    Versement effectué auprès de l'Autorité Financière d'Andorre, exigé pour les deux statuts.

  7. 07

    Passer la visite médicale

    Le demandeur doit être déclaré apte par le Service médical d'immigration.

  8. 08

    Déposer le dossier complet

    Au Service de l'immigration, à Andorre-la-Vieille.

  9. 09

    Obtenir la carte de résident

    Délivrée après instruction, elle est valable une première année puis renouvelable.

  10. 10

    S'enregistrer au Comú et à la CASS

    Après réception de la carte, se déclarer habitant de sa paroisse auprès du Comú (mairie) : c'est le foc i lloc, l'enregistrement du résident au registre communal, qui déclenche les taxes communales. S'affilier ensuite à la sécurité sociale (CASS) si applicable, dans les 30 jours suivant l'obtention de la résidence.

  11. 11

    Engager le rapprochement familial, le cas échéant

    Il fait l'objet d'un traitement distinct, demandé une fois que le résident principal est lui-même titulaire de sa résidence et qu'il justifie de revenus et d'un logement adaptés à la taille de la famille.

Combien de temps pour obtenir sa carte ?

Une fois la demande complète déposée, comptez généralement 2-3 mois selon le statut et la complexité de votre situation. Ce délai couvre l’instruction par le Service de l’immigration et la délivrance de la carte.

Combien coûte un transfert de résidence ?

Le coût combine des montants légaux — obligatoires quel que soit le prestataire — les frais liés à la société le cas échéant, et les honoraires d’accompagnement.
PosteActivePassive
Coûts légaux (à fonds perdu)
Dépôt AFA50 000 € par administrateur50 000 € par titulaire principal
Majoration par personne à charge—12 000 € par personne
Investissement en actifs andorrans—1 000 000 € (ou 400 000 € via le Fons d’Habitatge)
Frais liés à la société
Ouverture du registre de commerce1 200 à 1 700 € (selon activité et paroisse)—
Coworking / bureau / local (si applicable)à partir de 300 € / mois—
Accompagnement
Honoraires La Pegueraà partir de 5 000 €à partir de 6 000 €
Le dépôt AFA et la majoration par personne à charge sont définitifs et non remboursables (à fonds perdu). L’investissement en actifs andorrans, lui, reste votre patrimoine : c’est un placement, pas une dépense. Le coût total dépend de votre statut et de votre situation ; il s’établit après le bilan initial.

Causes d’échec d’un dossier de résidence

Une demande peut être bloquée, retardée ou refusée pour des raisons souvent évitables. Les principales :

  • Demande incomplète ou pièce périmée. C’est la première cause de retard : un casier judiciaire de plus de trois mois, une apostille absente, un formulaire manquant renvoient le dossier et font perdre des semaines.
  • Investissement non réalisé dans les délais. L’investissement doit être réalisé dans les six mois suivant l’autorisation (prorogeable six mois en cas de force majeure). À défaut, la résidence est annulée.
  • Aptitude médicale ou ordre public. Un avis médical défavorable ou des antécédents pénaux pour infractions intentionnelles peuvent écarter la demande (articles 43 et 44 de la Llei 9/2012).
  • Quotas épuisés. Les autorisations de résidence sont soumises à des quotas annuels : même un dossier complet et conforme peut être bloqué si le quota du statut visé est atteint.

Obtenir la carte ne suffit pas : la résidence peut être perdue au renouvellement si les conditions ne sont plus réunies. Par exemple, une entreprise qui n’a jamais démarré d’activité réelle — démontrée par les revenus générés — n’est pas reconduite. C’est l’exigence de substance : l’Andorre n’accorde pas une résidence durable à une société qui n’exerce pas d’activité effective.

Renouvellement et obligations après obtention

Un permis n’est pas définitif : la carte se renouvelle, et son maintien suppose de continuer à remplir les conditions qui l’ont justifiée : présence effective, activité ou investissement toujours en place, domiciliation dans une paroisse.

Depuis 2026, une nouvelle obligation s’ajoute aux renouvellements : une initiation au catalan. Le demandeur doit justifier d’un niveau A1 au premier renouvellement, puis A2 au second. Ce niveau se justifie par une certification officielle délivrée par un organisme agréé, ou par le suivi d’une formation d’au moins 30 heures. La mesure concerne tous les statuts et vise l’intégration des nouveaux résidents.

Au renouvellement, le gouvernement vérifie que les conditions du statut sont toujours réunies et demande des pièces justificatives, qui varient selon le statut, ainsi qu’une nouvelle photo pour que la carte reste ressemblante.

Selon les dossiers, il peut aussi s’assurer que l’intéressé vit réellement en Andorre. Le Règlement du Service d’immigration (depuis le 2 avril 2025) confère à la police, dans ce cadre, le pouvoir de mener des enquêtes de résidence, et l’administration peut convoquer le résident à un entretien ou demander des pièces complémentaires.

Se faire accompagner dans ses démarches

Un dossier de résidence andorran se joue sur la rigueur : le bon statut, des pièces conformes, des délais d’apostille tenus, un investissement ou une société correctement constitués. La Peguera prend en charge l’ensemble de la chaîne : du choix du statut à la constitution du dossier, jusqu’au suivi auprès du Service de l’immigration avec des interlocuteurs identifiés et des bureaux physiques à Andorre-la-Vieille.

Questions fréquentes

Quels justificatifs faut-il réunir pour devenir résident en Andorre ?

L
K
Un socle commun : passeport valide, casier judiciaire vierge apostillé, justificatif de logement et les formulaires administratifs requis. Une visite médicale en Andorre est par ailleurs obligatoire. S’y ajoutent, les preuves propres à chaque profil : contrat de travail ou création et fonctionnement réel d’une entreprise (résidence active), preuves d’investissement (résidence passive), preuves de notoriété et de revenus (projection internationale). Les pièces françaises sont dispensées de traduction en catalan.

Combien de temps faut-il pour obtenir sa carte de résident ?

L
K

En général entre 2 et 3 mois après le dépôt d’un dossier complet, la phase préparatoire s’ajoutant en amont. Un dossier incomplet est la première cause de retard.

Quelle différence entre résidence andorrane et résidence fiscale en Andorre ?

L
K
La résidence relève de l’immigration andorrane, elle donne le droit d’habiter sur le territoire ; la résidence fiscale détermine où vos revenus sont imposés, selon des critères que la France apprécie de son côté. On peut détenir l’un sans obtenir l’autre : c’est le conflit de résidence fiscale.

Qui peut demander la projection internationale ?

L
K
Les profils à fort rayonnement international dont l’activité s’exerce principalement hors d’Andorre : sportifs, artistes, créateurs de contenu, scientifiques, acteurs culturels. Le demandeur doit étayer sa notoriété par des preuves concrètes — distinctions, prix, titres de lauréat, classements, publications, couverture médiatique — et démontrer une activité tournée vers l’étranger. C’est cette reconnaissance, appréciée au cas par cas, qui distingue le statut. Présence minimale de 90 jours par an et caution de 50 000 € à l’AFA.

Qu'est-ce qui peut faire refuser un dossier de résidence ?

L
K
Un dossier incomplet ou périmé, un investissement non réalisé dans les délais, ou un avis médical / d’ordre public défavorable.